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[exposition] L’envolée lyrique
jusqu’au 6 août, au Musée du Luxembourg (Paris)

L'exposition L’envolée lyrique, consacrée à l’art abstrait en France de 1945 à 1956, souligne l’apport majeur des peintres étrangers à ce mouvement : plus de la moitié des 59 peintres mis à l’honneur par l’exposition, sont des étrangers : Albert Bitran (Istanbul), Nicolas de Staël (Saint-Petersbourg), Hans Hartung (Leipzig), Serge Poliakoff (Moscou), Maria Elena Vieira Da Silva (Lisbonne), Zao Wou Ki (Pékin)... Tous ont contribué à faire évoluer les mentalités en matière de représentation.Et cela en très peu de temps : “sans ces artistes étrangers à Paris, après la guerre, je suis sûr que le mouvement de l’abstraction lyrique n’aurait pas décollé aussi rapidement” affirme Patrick-Gilles Persin, critique d’art et commissaire de l’exposition.
Ce qui forge leur révolution artistique : une nouvelle appréhension, non formelle, de la lumière et des couleurs. L’abstraction lyrique, chaude et joyeuse, s’oppose alors à l’abstraction géométrique, théorisée et froide. Evidemment, le courant de l’envolée lyrique ne sera par le seul représentant de l’art abstrait dans le monde, mais il est le premier historiquement à franchir les limites de l’informel : “Il s’agit d’un mouvement international, plein de l’enthousiasme d’après guerre. Et cette mixité où chacun apporte sa personnalité, sa culture, crée un ciment extraordinaire. Ce sont des survivants, qui veulent avancer, et ils avancent très vite”, explique Patrick-Gilles Persin. Zao Wou Ki invente le paysage abstrait aux touches orientales, tandis que la sensibilité ottomane de Bitran se ressent dans ses éclairages.
C’est pourtant le mouvement de l’école de New-York, avec Rotkho et Pollock, apparu vingt ans plus tard, que l’histoire retiendra. “Les Etats-Unis avaient alors davantage les moyens que la France de faire la promotion de ses artistes”, analyse le critique d’art. L’exposition réhabilite donc encore un peu plus ces artistes qui figurent parmi les grands de l’abstraction, aux côtés de leurs compagnons d’origine française Soulages, Bazaine, Mathieu, Estève ou Debré.

Illustration de l'article : Gérard Schneider - Sainte-Croix (Suisse), 1896 - Paris, 1986. Opus OP-92-B, 1955. Huile sur toile 114 x 146 cm. Lorenzelli Arte, Milano
© Adagp, Paris 2006. Crédit photographique : Archivio Lorenzelli Arte Milano.

Sandrine Martinez
[19/07/2006]


Repères :
Du lundi au vendredi de 11 heures à 19 heures. Nocturne le vendredi jusqu’à 22 heures. Samedi, dimanche et jours fériés de 9 heures à 19 heures.
Musée du Luxembourg
19, rue Vaugirard
75006 Paris
Site web
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