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 [théâtre] Allah n'est pas obligé, d'Ahmadou Kourouma
Jusqu'au 26 août au Lavoir moderne (Paris)
Sur
le fond de la scène dépouillée, un simple écran
sur lequel défilent, par intermittence et sur une musique contemporaine,
des mots et des images. Des définitions tirées de dictionnaires,
un crâne qui se déforme ou encore une carte de l'Afrique de l'ouest.
Devant, deux femmes au sourire volontairement ininterrompu, les comédiennes
Caroline Filipek et Vanessa Bettane. Elles racontent la vie de Birahima, nègre
noir africain indigène d'une dizaine d'années. Après
la mort de sa mère, il part sur les routes à la recherche de sa
tante mais se retrouve embarqué au sein de milices au Liberia puis en
Sierra Leone, pays ravagés par les guerres tribales. Birahima est ce
que l'on appelle un enfant soldat. A l'aide de quatre dictionnaires, il tente
de mettre des mots sur l'horreur de la guerre, son absurdité et la cruauté
des dictateurs africains, prêts à tout pour régner en maîtres.
Et comme il le répète après chaque atrocité évoquée
: Allah n'est pas obligé d'être juste dans les choses
qu'il fait ici bas.
Si l'on ne peut pas reprocher aux comédiennes de ne pas se donner entièrement,
c'est du côté de la mise en scène que cette adaptation déçoit.
Autant à la lecture de Allah n'est pas obligé, roman de
l'écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma, la répétition de
certaines formules et les références constantes aux définitions
de dictionnaires créent une forme et donnent un ton à l'uvre,
autant l'adaptation théâtrale tient de la litanie. De plus, le
texte énoncé à toute vitesse, de manière quelque
peu saccadée, sur un ton souvent trop haut et accompagné par des
gestes parfois incompréhensibles, finit par perdre de sa force.
Maya Larguet
[21/08/2006]
Repères
:
Allah n'est pas obligé, d'Ahmadou Kourouma
Avec Caroline Filipek et Vanessa Bettane
Mise en scène Laurent Maurel
Jusqu'au 26 août au Lavoir moderne, à 21 heures
35 rue Léon
75018 Paris
Réservation : 01 42 52 09 14
Site web
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