 [poésie] Négritudes, balade poétique avec Amadou Gaye
Du 13 décembre au 6 janvier au Lucernaire (Paris)
Nous
connaissions bien Amadou Gaye comme photographe (voir
notre portrait). Le griot du béton est monté sur
les planches en septembre 2006 au Local, un petit théâtre au plein coeur de Belleville,
chez lui, dans le quartier parisien où il aime flâner et qu'il a
photographié dans son dernier beau livre Paris la douce.
Le spectacle est maintenant présenté au Lucernaire (75006).
Avec Négritudes, Amadou Gaye nous convie à une balade
poétique à travers des textes de la poésie négro-africaine
d'expression française des années 50 et 60. Ce spectacle est le
fruit (bien mûr) d'une rencontre entre Amadou Gaye et le metteur en scène
Gabriel Debray ainsi que de longues séances de répétition
dans le parc des Buttes-Chaumont. Dans cette balade poétique, on entendra
tour à tour le souffle du vent, le chant des rameurs, la prière
du petit enfant, le chant du feu ou encore le chant pour tuer le serpent mais
aussi la voix de l'homme blanc qui crie Joseph ! et le bruit des chaÎnes...
Et toujours présent, le souffle des ancêtres.
Tantôt contemplatif, tantôt tonitruant, parfois badin, souvent révolté,
Amadou Gaye interprète avec force des textes trop peu connus de Birago
Diop, Jean Métellus, Roussan Camille, Guy Tirolien, Aimé Césaire
ou encore Léopold Sédar Senghor. Le Sénégalais
de ventre et Parisien de coeur nous confie aimer ces textes car ils sont
révoltés sans être plaintifs, politiques mais sans misérabilisme,
liés à leur contexte mais universels. Lui aimerait que ces auteurs
deviennent des classiques, enseignés à l'école.
Comme Racine et Corneille, ajoute-t-il.
Sur le carton qu'il va lui même distribuer dans les bistrots de Belleville
et de Ménilmontant, Amadou Gaye a mis en exergue cet extrait de Ghetto
de Guy Tirolien : ... je ne suis pas l'acteur / tout barbouillé
de suie / qui sanglote sa peine / les bras levés vers le ciel / sous l'oeil
des caméras / je ne suis pas non plus / statue figée du révolté
/ ou de la damnation / je suis bête vivante / bête de proie / toujours
prête à bondir / à bondir sur la vie....
La chaleur et les éclats de voix inimitables de cette bête
vivante nous habitent encore longtemps après le spectacle...
[12/12/2006]
Repères
:
Du 13 décembre au 6 janvier (du mardi au samedi à 20h30)
Le Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 57 34
Site web
A noter :
- rencontre avec l'équipe artistique les vendredi 15 et 22 décembre à l'issue de la représentation
- rencontre-débat avec l'anthropologue Nicolas Rey, l'écrivain Auguste Mbondé Mouangue et le philosophe et poète Philippe Tancelin le vendredi 5 janvier
Voir aussi
:
Amadou Gaye, le griot du béton. Portrait et interview - [23/12/2002]
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