 [danse] Faut qu'on parle Solo de et par Hamid Ben Mahi
Jusqu'au 12 mai au Théâtre national de Chaillot (Paris)
Hamid Ben Mahi est un danseur qui a bien sûr des choses à dire avec son corps mais aussi avec des mots, d’où le titre de son spectacle hip-hop “Faut qu’on parle”, sorte d’autobiographie dansée et parlée. Né dans la cité des Aubiers de Bordeaux, Hamid Ben Mahi est un enfant d’immigrés algériens que son père kidnappe un jour avec sa sœur pour les emmener à Mostaganem. Le petit Hamid, surnommé Hamidou pour sa gentillesse par la maîtresse, ne reviendra en France qu’à l’âge de six ans. Mais enfance ou adolescence, rien n’y change. Il est confronté au racisme ordinaire, aux humiliations mesquines, aux suicides dans la cité et à la richesse qui vient narguer les habitants des Aubiers jusque sous leurs fenêtres.
Seule chose alors accessible et gratuite : la danse. Le corps aussi comme moyen d’expression puisque tout le monde se tait. C’est vrai, pourquoi personne ne dénonce l’injustice ? Ne raconte la colonisation ? Pourquoi on ne dit pas que les Algériens “ne sont pas nés ici par hasard” ? Qui se charge de la mémoire collective ? De tout ça, Hamid Ben Mahi veut parler.
Toutes ces histoires, il veut aussi les danser à sa manière. Figures techniques et rapides quand il dit la rencontre avec les stars du hip-hop à New-York, corps recouvert d’une cotte de maille quand il raconte sa France, et homme sans tête quand il parle de mémoire. Le spectacle, mis en scène par Guy Alloucherie, est une réussite. Il dit, sans hargne ni colère. Il est un témoignage original. Faut qu’on en parle.
Maya Larguet
[08/05/2007]
Repères
:
Faut qu’on parle
Chorégraphie de Hamid Ben Mahi et mise en scène de Guy Alloucherie
Théâtre national de Chaillot
Paris
Jusqu’au 12 mai 2007 à 20h30
Renseignements : 01 53 65 30 00
Tarifs : de 10 à 27 euros
Durée du spectacle : 1h
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