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[lutte contre les discriminations] Que dit la loi ? La réparation du préjudice de la victime
Dossier discriminations raciales

Au regard des règles traditionnelles de la responsabilité civile, le fait de pratiquer une discrimination raciale est une faute. Le préjudice économique ou moral qu’elle cause à la victime peut donc être réparé par la condamnation de l’auteur au versement de dommages et intérêts.


Dans le domaine de l’emploi (stage, formation en entreprise, embauche, vie professionnelle, rémunération, sanction, licenciement…), la juridiction compétente est le Conseil des prud’hommes dans le ressort duquel se trouve l’entreprise concernée. Afin de mieux protéger le salarié, il peut non seulement accorder des dommages et intérêts mais également annuler la mesure litigieuse, mettre fin au contrat de travail à la demande du salarié, re-qualifier la rupture du contrat de travail en un licenciement aux torts exclusifs de l'employeur, ou condamner l'employeur au versement des impayés de salaire. Le juge prud’homal doit être saisi par la victime, un syndicat ou une association de lutte contre le racisme dans les 5 années qui suivent les faits lorsque l’action vise à obtenir le paiement des salaires, 30 années dans les autres cas.

Dans les autres domaines, la juridiction compétente est le tribunal d'instance lorsque le litige porte sur une somme inférieure à 7.600 euros, au-delà il faut saisir le tribunal de grande instance. La victime doit en principe le saisir dans les 10 années qui suivent les faits. Elle doit prouver par tout moyen l’existence du comportement discriminatoire, en quoi elle a subi un préjudice et le lien de causalité existant entre les deux.


A savoir :

Dans un litige civil en matière de discrimination dans le domaine de l'emploi ou du logement (location immobilière à usage d'habitation principale dans le secteur privé ou public), la loi prévoit un aménagement de la charge de la preuve au bénéfice de la victime. Celle-ci doit présenter des éléments de fait précis et concordants qui laissent présumer qu'elle a subi une discrimination et, au vu de ces éléments, il incombe alors au bailleur ou à l'employeur de démontrer que sa décision est étrangère à toute discrimination et est raisonnablement justifiée, le cas échéant, par la gestion normale de son patrimoine immobilier ou de son entreprise.


Fiches pratique du Geld :

- Discrimination et droit du travail – Textes et recours

- Accès au logement et lutte contre les discriminations – Textes et recours
Geld / le114.com
[16/08/2003]

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