En France, la nouvelle politique publique de lutte contre les discriminations est mise en uvre conjointement
par des structures publiques et associatives qui, parallèlement aux aspects
juridictionnels, participent à la mise en place de chartes et programmes
locaux, à lélaboration de guides pratiques ou à lorganisation
de manifestations pédagogiques dont la plus emblématique est la
Semaine nationale de lutte contre le racisme.
Une politique publique récente
La politique de lutte contre
les discriminations raciales en France
Depuis la fin du XIXème siècle, la France est une terre dimmigration.
Cest à partir de cette période que débute limmigration
massive. En fonction des périodes, la France a eu recours à des
travailleurs de nationalité différente. Ces différentes
vagues migratoires ont contribué à diversifier la physionomie
de limmigration. Pour accompagner cette immigration, différentes
politiques dintégration ont été mises en uvre.
Dans un contexte économique et social difficile, nourri par une incertitude
sur l'avenir, l'étranger ou celui qui en a l'air est devenu
pour certains citoyens le bouc-émissaire idéal, responsable de
tous leurs maux. A la fin des années 90, les sentiments et les comportements
racistes et xénophobes constituent alors une préoccupation importante
en France. Le racisme se banalise insidieusement.
Les rapports de la Commission Nationale Consultative des Droits de lHomme
en 1997 (La lutte contre le racisme et la xénophobie) et
du Haut Conseil à lIntégration en 1998 (Lutte contre
les discriminations : faire respecter le principe dégalité)
ont mis en évidence le développement des pratiques de discriminations
raciales et la nécessité de mieux les identifier pour les combattre
efficacement.
En 1998, au niveau gouvernemental, les discriminations sont désormais
identifiées, reconnues comme un danger majeur pour la cohésion
nationale. Le rapport sur la politique d'intégration des pouvoirs publics,
présenté par Martine Aubry le 21 octobre 1998, inscrit la lutte
contre les discriminations dans les axes forts du gouvernement.
La priorité politique de lutte contre les discriminations est par ailleurs
réaffirmée lors de la table ronde sur les discriminations raciales
dans le monde du travail, réunissant lÉtat et les partenaires
sociaux en mai 1999 et la déclaration de Grenelle.
L'existence d'une forme de racisme institutionnel y est enfin reconnue,
et les difficultés d'intégration ne sont plus imputées
aux seuls immigrés. La société dans son ensemble porte
une responsabilité partagée dans le développement des pratiques
discriminatoires qui affectent les parcours d'intégration.
Pour mettre en oeuvre cette politique de lutte contre les discriminations raciales,
la France sest dotée dun dispositif institutionnel spécifique
(le Geld, le 114 et les Codac) et à adopter la loi relative à
la lutte contre les discriminations du 16 novembre 2001 et la loi de modernisation
sociale du 17 janvier 2002 qui complètent et renforcent les dispositions
du Code du travail, du Code pénal et de la loi relative aux droits et
aux obligations des fonctionnaires.
En 2002, la lutte contre les discriminations raciales fut consacrée
Grande cause nationale.
Le rôle moteur de lUnion
européenne
1997 fut proclamé Année européenne de lutte contre
les discriminations et le traité dAmsterdam a alors introduit
dans le Traité de Rome un nouvel article 13 en vertu duquel le Conseil
de lUnion européenne est désormais compétent pour
prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre toutes les
formes de discrimination.
Cet article est donc la base de la compétence communautaire sur cette
question et il va permettre ladoption de ce qui sera ensuite familièrement
appelé le Paquet anti-discrimination :
- Directive
97/80/CE du 15 décembre 1997 relative à la charge de la preuve
dans les cas de discrimination fondée sur le sexe
;
- Directive
2000/43/CE du 29 juin 2000 relative à la mise en uvre du principe
de légalité de traitement entre les personnes sans distinction
de race ou d'origine ethnique
;
- Directive
2000/78/CE du 27 novembre 2000 portant création d'un cadre général
en faveur de l'égalité de traitement en matière d'emploi
et de travail
;
- Programme
d'action communautaire du 27 novembre 2000 de lutte contre les discriminations
pour la période 2001-2006, destiné à soutenir et compléter
la mise en oeuvre des directives
;
- Le programme dinitiative communautaire Equal :
Financée par le Fonds social européen (FSE), l'initiative
Equal a été lancée pour la période 2000-2006 pour
mettre en uvre de nouveaux moyens de lutte contre les discriminations
et inégalités dans laccès à l'emploi et dans
la vie professionnelle.
Les actions quil finance doivent sinscrire dans une logique de coopération
transnationale visant à mettre en place des expériences innovantes
en matière de lutte contre les discriminations dans lemploi. Ce
programme fonctionne donc comme un laboratoire dexpériences
qui doit permettre didentifier de nouvelles pistes daction en faveur
de la stratégie européenne pour lemploi.
Fiche pratique Le
programme Equal (Geld)
;
- Le réseau Raxen :
Sur linitiative de Observatoire européen des phénomènes
racistes et xénophobes (EUMC), le réseau européen d'information
sur le racisme et la xénophobie (Rxen) a été mis en place
en 2000 afin d'identifier, dans chaque pays dEurope, les organismes qui
agissent dans ce domaine, les évolutions du droit, les initiatives et
les publications récentes (études, rapports, ouvrages pédagogiques
),
etc.
En France, lAgence pour le développement des relations interculturelles
(Adri) est le point dappui national du réseau Raxen. Elle a constitué
un consortium dorganismes comprenant le Mouvement contre le racisme et
pour lamitié entre les peuples (Mrap), le Groupe détudes
et de lutte contre les discriminations (Geld), Dun monde à lautre
et le Centre interdisciplinaire de recherche (Cir).
Vous pouvez consulter la base
de données et les rapports thématiques réalisés
par le réseau RaxenFrance sur le site de lAdri
.