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[musique] Festival Africolor
du 25 novembre au 17 décembre en Seine-Saint-Denis
La 17e édition du festival Africolor, accueillie dans 15 villes du département de la Seine-Saint-Denis, lance des ponts entre les publics de toutes origines et de toutes générations. En 2005, la jeune génération est à l’honneur : des artistes français formés aux sons d’Afrique, d’autres d’origine africaine qui vont se ressourcer au pays de leurs parents afin d’alimenter une création originale.

Consacré aux musiques africaines, le festival Africolor s’est toujours bien gardé de l’écueil communautariste. Dès les premières éditions, le souci de son directeur artistique, Philippe Conrath, était le mélange des populations. Le pari fut d’abord réussi avec la nuit de Noël malienne. Le public malien y a trouvé une reconnaissance de sa culture et a vu sa citoyenneté confortée. Le public français l’a vécue comme une alternative bienvenue au rituel consumériste, faisant l’expérience de la chaleur familiale de voisins dont il pouvait goûter la culture musicale dans sa réalité, mille fois plus vivifiante que tout folklore de mode. Le succès s’est prolongé avec la “Fête Kaf’” réunionnaise, qui a donné des ailes à la carrière de Danyel Waro, de retour cette année après une série de concerts en Chine et sa rencontre explosive avec le public marocain du festival Gnaoua d’Essaouira.

Place aux jeunes !
“Africolor a toujours programmé des artistes africains qui vivent dans leur pays et d’autres qui ont une carte de séjour en France. La suite logique, c’est de programmer des artistes nés en France et qui développent les musiques africaines, explique Philippe Conrath. Depuis deux ou trois ans, j’ai constaté une poussée très forte d’artistes français qui jouent les musiques et les instruments d’Afrique, explique Philippe Conrath. J’ai voulu présenter ces jeunes musiciens qui, au lieu d’aller apprendre la musique au conservatoire, vont travailler au Mali, au Sénégal, à la Réunion…”

Les soirées consacrées à ces jeunes artistes ont été baptisées “Parasitage”. Au cours des mêmes soirées sont programmés des artistes d’origine africaine, nés ou grandis en France, qui s’imprègnent des musiques qui les ont bercées et vont re-explorer la tradition de leurs parents. “En mettant l’éclairage sur ce phénomène, on voit bien qu’en termes d’intégration, de métissage, les gens ont déjà pris beaucoup d’avance. Ils se posent les questions différemment”, remarque Philippe Conrath.

Le 26 novembre à Saint-Ouen, Mains d’Œuvres, propose l’afrobeat rap de Fanga (Montpellier) et la danse fusion de Kankélé (Paris), ainsi que les Camerounais Kristo Numpuby, compositeur prolifique spécialiste des rythmiques “assiko”, et Muntu Valdo, dont la voix ne laisse personne insensible.
Le 6 décembre à Montreuil, le Théâtre Berthelot accueille l’african’roll d’Africa Combo (Valence) et le néo-maloya des VontNusPieds (Nantes), ainsi que le Comorien Mikidache, qui s’est déjà attaché le public anglais, et Tibô Evora, qui s’inspire avec bonheur de ses racines capverdiennes.

Rendez-vous des Afriques
De nombreux artistes venus d’Afrique sont encore à découvrir au programme d’Africolor 2005. “Je continue à me battre pour obtenir des visas et à défendre la libre circulation des artistes, explique Philippe Conrath. De ce point de vue, les contraintes sont de plus en plus ahurissantes : dans certains pays, les ambassades vont jusqu’à demander les extraits de casier judiciaire des artistes. Tout est fait pour dissuader.”

Les amateurs de mélodies de l’Océan Indien auraient tort de manquer la venue exceptionnelle de la star des Comores, Zaïnaba (25/11 Le Bourget).On pourra apprécier aussi les traditions d’Afrique Australe avec le Sud Africain Dizu Plaatjies et sa troupe (3/12 Saint-Denis). Ou succomber aux charmes de la nouvelle sensation capverdienne, Mayra Andrade (9/12 Epinay-sur-Seine). L’Angolais Lulendo nous donne rendez-vous pour son retour très attendu (9/12 Montreuil). Quant au bassiste camerounais Etienne Mbappé, très demandé en studio, il jouera ses propres compositions (16/12 Aulnay-sous-Bois).

Créations
C’est devenu une tradition, Africolor est toujours l’aboutissement de rencontres créatives entre musiciens de cultures différentes. Emblématique du genre, “Sur le Fil” est une création bâtie à Bamako sur les sonorités de cordes parentes par le violoncelliste de jazz Vincent Courtois et le trio du Malien Zoumana Téréta, virtuose du petit violon traditionnel so kou (2/12 Saint-Denis). D’autres créations s’annoncent savoureuses. La rencontre au sommet entre Adama Dramé, djemfola incontournable, et Jean-Philippe Rykiel, magicien des synthés œuvrant depuis un quart de siècle à l’aventure des musiques africaines modernes (30/11 Le Pré Saint Gervais). “Namou” permettra au trio breton KEJ de remplacer les samples enregistrés au Mali pour nourrir sa musique par le djembé de Mare Sanogo, le dozon n’goni d’Amadou Diallo, la flûte peule et le chant de Yacouba Moumouni (1/12 Stains). Pour la “Fêt’ Kaf”, le trio du Réunionnais René Lacaille associera la “musique longtemps” au forro du chanteur brésilien Valdir dos Santos (17/12 Le Blanc-Mesnil).
Programme complet sur le site d’Africolor.

François Bensignor
[25/11/2005]

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