Recherche
> Recherche avancée


[flamenco] Festival Flamenco de Nîmes
Du 23 au 29 janvier à Nîmes
Célèbre pour ses Ferias de printemps et d’automne, la ville de Nîmes est également, l’hiver, un lieu de convergence du meilleur flamenco. Si le festival organisé par le Théâtre de Nîmes accueille de grands artistes espagnols, c’est aussi le révélateur des nombreux talents du chant, de la guitare et de la danse qui perpétuent la tradition de l’art andalou dans les régions du Sud de la France.Quand la plupart des programmations de flamenco en France ne s’intéressent qu’au vivier ibérique, le Festival Flamenco de Nîmes sait aussi rester en prise avec une scène régionale qui fourmille de bons artistes. Ces rencontres fertiles entre flamencos des deux côtés des Pyrénées permettent, chaque année, aux Français de renforcer les liens qui les unissent à une tradition vivante, dont ils savent partager l’héritage culturel avec leurs cousins d’Andalousie.


Farruquito
© Lenny

La soirée d’ouverture illustre bien l’esprit du festival. En levée de rideau, honneur à Jose de la Negreta, le chanteur de Martigues ! Gitan dont la famille aux origines andalouses est installée dans la région de Marseille depuis plusieurs générations, son style affirmé en fait une valeur sûre du “cante”. Il partagera la soirée avec Luis El Zambo, l’une des voix les plus authentiques de Jerez de la Frontera, puissant creuset de la “buleria” festive. Le chant âpre de cet ex-poissonnier, qui ne devint artiste professionnel que passé 50 ans, s’inspire de celui du grand Teremoto.

Talents du Sud
Prolongement du double CD “Reflejo Flamenco”, enregistré en public à l’Odéon de Nîmes au printemps 2005, la soirée du mardi présente un florilège d’artistes régionaux rassemblés autour d’Antonio Moya. Modèle, ce guitariste nîmois est parti s’installer à Utrera, bourg andalou célèbre pour la “pureté” de son art, où il a su faire apprécier la finesse de son jeu en accompagnant notamment le duo mythique des sœurs Bernarda et Fernanda de Utrera. Cette soirée sera l’occasion de découvrir diverses couleurs de voix. Le voile écorché vif qui hante celle de Perico Santiago, fils d’une famille gitane rapatriée d’Algérie et chanteur dans le groupe du guitariste Juan Carmona. La fraîcheur énergique de celle du Marseillais Cristo Cortes. Celle de Luis de la Carrasca, célèbre en Avignon, avec sa remarquable interprétation du répertoire rural de la province de Grenade, dont il est originaire. Celles de Blas Delerias, jeune révélation marseillaise au fort charisme, ou de Juan de la Alpujarra, autre Marseillais au talent prometteur. Côté danse, place à la jeunesse, avec le Montpelliérain Manuel Gutierrez âgé de 22 ans et Melinda Sala qui, à 25 ans, danse dans le groupe de Luis de la Carrasca.


Antonio Moya
© Stéphane Barbier

Étoiles andalouses
Le mercredi est consacré aux jeunes lauréats 2005 des célèbres concours de guitare de Jerez, et de La Union pour chanteurs et danseurs. La soirée du jeudi, toute en contrastes, promet des moments d’émotions fortes, avec la voix incomparable d’Inès Bacan et la danse rebelle d’Israel Galvan. Ines Bacan ranime par son chant l’iridescent trésor de savoirs anciens façonnés avec patience. Elle connaît les phrases elliptiques des “coplas”, gravées dans la mémoire collective du clan familial des Pinini de Lebrija. Elles lui montent aux lèvres avec lenteur, du plus profond d’elle-même, et son chant les formule avec majesté. Accompagnée par la guitare d’Antonio Moya, Ines est reine d’un “cante” qu’elle est sans doute la seule à maîtriser. Un chant à forte odeur de terre, qui vous ébranle par ce qu’il porte de puissance contenue dans son souffle profond. Mais aussi un chant étonnant de fraîcheur, tant la beauté de sa simple expression en appelle à la naïveté des émotions premières.


Ines Bacan
© Philippe Fresco

Vendredi, c’est le tour des maîtres artificiers de la buleria, rassemblés sous le nom de “Los Juncales” (en référence à la peña flamenca de Santiago, quartier gitan de Jerez) : Tomasito aux danses déjantées, Diego Carasco amateur de délires chantés, Moraito et sa guitare versatile, volubile mais toujours attentive. Et puis, pour s’éloigner dans la nuit des songes, le “cantaor” Manuel Molina, qui dit : “Je ne chante pas pour chanter, mais je ne connais pas d’autre façon de prier…” Pour la soirée apothéose du samedi, les héritiers directs du grand danseur sévillan El Farruco, disparu en 1997, viendront clore le festival. Un moment de rare jouissance esthétique, orchestré par Farruquito, le petit-fils du maître, avec l’une des familles les plus respectées dans le monde de la danse flamenca.

Festival Flamenco de Nîmes au Théâtre de Nîmes, à l’Odéon et à l’Hôtel Atria : du 23 au 29 janvier
- Lundi 23 janvier 2006 à 20 h 30 - Odéon -“Du Rhône au Guadalquivir” ; Luis El Zambo - Jose La Negreta
- Mardi 24 janvier 2006 à 20 h 30 - Odéon - “Reflejo flamenco”
- Mercredi 25 janvier 2006 à 20 h 30 - Odéon - “De Jerez à la Union - Lauréats 2005”
- Jeudi 26 janvier 2006 à 20 h 30 - Théâtre - Ines Bacan ; Israel Galvan
- Vendredi 27 janvier 2006 à 21 h - Théâtre - Los Juncales ; Carrasco ; Molina ; Moraito ; Tomasito
- Vendredi 27 janvier 2006 à 24 h - Hôtel Atria - Juan Diego Grupo
- Samedi 28 janvier 2006 à 21 h, dimanche 29 à 17 h - Théâtre - Farruquito Y Familia

François Bensignor
[17/01/2006]

Evénements récents
  Travelling 2006 - Cité-Ciné Alger - [10/02/2006]
 
  Festival Flamenco de Nîmes - [17/01/2006]
 
  Suresnes Cités Danse 2006 - [08/01/2006]
 
  Quand l’élite de la science passait par Bagdad - [13/12/2005]
 
  Festival Africolor - [25/11/2005]
 
Archives
  Consultez l'ensemble de la rubrique "Evénement".  

     
© Cité nationale de l'histoire de l'immigration - 2007