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[festival] Travelling 2006 - Cité-Ciné Alger
Rennes, du 4 au 14 mars 2006
Le festival Travelling organisé par Rennes-Métropole, célèbre chaque année une ville du monde à travers son cinéma. Après Téhéran, Marseille, Helsinki, c’est cette année, le tour “d’Alger la blanche”.Un choix judicieux et difficile car le décor sublime de la ville fut, surtout au cours des dernières décennies, le théâtre d’évènements tragiques. Un choix unique de films sur l'Algérie et les Algériens.

Découpé en plusieurs sections, le festival aura d’abord un double regard historique :
- Alger au cinéma : du mythique Pépé le Moko (1937) de Julien Duvivier, avec sa casbah de carton-pâte, au renouveau d’une truculence méditerranéenne : Viva Laldjérie (2003) de Nadir Moknèche. Un regard plus particulier sera porté sur l’oeuvre algéroise de Merzak Allouache (Omar Gatlato, Salut cousin, Bab el-Oued city, ...)
- C’était la guerre : Sélection axée sur le thème de “la guerre de libération” qui fut aussi le creuset d’un cinéma national, de La bataille d’Alger (1965) de Gillo Pontecorvo (voir notre chronique) à L’opium et le bâton (1971) d’Ahmed Rachedi. Sans oublier l’écho de cette guerre, souvent minoré, dans le cinéma français, du Petit soldat de Jean-Luc Godard (1960) à La trahison de Philippe Faucon (2006), film récent et primordial. Cette partie, déjà très riche, sera prolongée par des mentions spéciales à des réalisations plus spécifiquement historiques : la majeure partie des œuvres de Mohamed Lakhdar Hamina : Le vent des Aurès (1966), Chronique des années de braise, Palme d’or à Cannes en 1975, et aux témoignages engagés de René Vautier (Avoir 20 ans dans les Aurès, 1971).

Hommage à Mohamed Chouikh, de l’acteur au réalisateur.
Cette troisième section permettra de retrouver Mohamed Chouikh devant la caméra de Michel Drach en compagnie de Marie-José Nat dans Elise ou la vraie vie, adapté en 1970 d’un roman de Claire Etcherelli et, en tant qu’auteur de La citadelle (1998) film autour duquel il donnera pour le public une leçon de cinéma.

Cinéma au féminin. Les femmes actrices, cinéastes ou personnages majeurs.
La quatrième section mettra l'accent sur le parcours de quatre réalisatrices : Assia Djebar (par ailleurs romancière qui vient d’entrer à l’Académie Française (La zerda et les chants de l’oubli, 1983), Yamina Bachir-Chouikh (Rachida, 2002), Djamila Sahraoui (Et les arbres poussent en Kabylie, 2003), et la plus popularisée d’entre elles : Yamina Benguigui (Mémoires d’immigrés, 1997 ; Femmes d’Islam, 199 ; Inch ‘Allah dimanche, 2001). On aura ensuite une sélection de femmes mises en scène et en images, avec notamment la possibilité de se confronter à une expérience rare avec les films de Ahmed Lallem : Elles de 1966, enquête auprés des lycéennes et Algériennes, trente ans après...

Un printemps du cinéma algérien ?
La cinquième section sondera les perspectives d’un renouveau du cinéma algérien après les années de plomb, avec le concours des rencontres cinématographiques de Bedjaïa et à travers quelques films récents (court-métrages de Mohamed Latrêche, Karim Besalah, Lyès Salem...). Il y aura parallèlement une ouverture sur l’œuvre du vidéaste et plasticien Amar Bouras et du documentariste Malek Bensmaïl.

Algérie plurielle
La sixième section s’étendra à une présentation de l’Algérie plurielle qui donnera à voir les Algériens de la diaspora dans la diversité de leur statut et de leur approche : Français d’origine immigrée, pieds noirs... (Mehdi Charef, Malik Chibane, Rachid Bouchareb, Dominique Cabréra, Jean-Pierre Lledo...).

La blanche Alger rit la nuit
Enfin pour terminer sur une note optimiste et même humoristique, la septième section se nomme : La blanche Alger rit la nuit. Quelques films qui amusent d’un bord à l’autre de la Méditerranée. Bab el Web de Merzak Allouache (2004), Les folles années du twist (1986) de Mohamed Zemmouri, Il était une fois dans l’oued (2005) de Djamel Bensalah.

Autour des projections
De nombreuses personnalités seront présentes et interviendront au cours du festival. Des historiens comme Benjamin Stora et Pascal Blanchard, des réalisateurs et des comédiens, Boujéma Karèche directeur de la cinémathèque d’Alger...
En périphérie des projections, il y aura bien sûr des débats, des entretiens, des rencontres, des compétitions de courts métrages (francophones, internationaux, juniors), un “ciné-baby”, un espace de lecture, des stages et des ateliers sur l’initiation à l’image....
Il faut se renseigner sur les nombreux lieux de Rennes-Métropole où va se dérouler ce festival protéiforme. Demander les programmes complets et les confirmations ou modifications des différentes manifestations.

André Videau
[10/02/2006]

Mots-clés : festival, cinéma, Algérie
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