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[festival] Nuits Métis
Jusqu’au 1er juillet à Marseille, Septèmes les Vallons, Salon de Provence, Aix en Provence, Port de Bouc
La treizième édition des Nuits Métis met en valeur le travail d’échanges artistiques et de partenariat entrepris il y a de longues années avec la Guinée et l’Algérie dans le département des Bouches-du-Rhône. En mettant à l’honneur le maître guinéen de la kora M’Bady Kouyaté, le directeur artistique, Marc Ambrogiani, confirme la démarche originale du festival : inscrire dans la durée le travail des résidences de création et tisser avec les artistes une relation de fidélité.

Créations
Le programme de Nuits Métis s’articule plus que jamais sur des rencontres d’artistes venus d’horizons divers dans le cadre de résidences, dont les créations constituent l’essentiel du programme itinérant du festival. Deux créations sont présentées cette année. ÉlectroDunes est l’aboutissement de la rencontre entre trois artistes algériens originaires de Béni Abbès et Barbès D, musicien marseillais de musique électronique. Le spectacle, présenté à Septèmes-les-Vallois (le 21 juin), au Nomad Café à Marseille (le 23 jun) et lors de La Nuit Métis au Théâtre de la Sucrière (le 1er juillet), a été développé en cinq étapes sur deux ans et dans les deux pays. Ces nouvelles retrouvailles entre les musiciens seront prolongées par l’enregistrement d’un album en studio. Présentée seulement à Marseille, lors du grand concert au Théâtre de la Sucrière (le 1er juillet), la seconde création de cette année réunit Rit, jeune Marseillais inventeur d’une forme de chanson bucolico-écologiste aux accents reggae fort originale, et le joueur de kora guinéen Oumar Kouyaté, l’un des derniers rejetons du griot M’Bady Kouyaté, l’initiateur des musiciens de Ba Cissoko.


Électrodunes - © DR

Développement de carrière
Le succès international rencontré ces dernières années par les jeunes Guinéen du groupe Ba Cissoko est un aboutissement exemplaire au travail d’accompagnement sur le long terme mené par Nuits Métis. Dès 1995, le chanteur et joueur de kora qui a donné son nom au groupe, est invité pour une résidence de création avec le trompettiste français Gilles Poizat. Ensemble ils fondent Tamalalou, groupe éphémère qui enregistre un album. Marc Ambrogiani, fondateur et concepteur du festival, croit au potentiel du jeune musicien guinéen, qu’il fait participer comme “invité permanent” de Nuits Métis à plusieurs résidences de création, notamment avec Ray Léma. En 1999, à Bamako, Ba Cissoko présente son nouveau groupe. À l’origine un trio constitué avec deux des fils de son oncle, le fameux M’Bady Kouyaté, qui l’a initié à la musique et à la kora dès son jeune âge.


M’Bady Kouyaté - © DR

Honneur à M’Bady Kouyaté
Pour avoir largement contribué aux succès de Ba Cissoko, dont le nouvel album “Electric Griot Land” paraîtra en France au mois de septembre, Marc Ambrogiani a souhaité cette année rendre hommage à celui qui a montré la voie aux jeunes musiciens, M’Bady Kouyaté. Âgé de 68 ans, il est un des maîtres guinéens les plus respectés de la kora. Il a exercé la fonction de directeur artistique de l’Ensemble Symphonique National de la République de Guinée et a fondé à Conakry l’école Kora Folla. Sa femme Diaryatou, deux de ses jeunes enfants, Kandia et Sefoudi, ainsi que son neveu Moussa Cissoko accompagneront (les 19, 22, 24, 27, 28, 29 juin et 1er juillet) une prestation qui présentera toutes les caractéristiques des traditions musicales transmises depuis des siècles par les griots mandingues.

François Bensignor
[19/06/2006]

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