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[festival] Variations Caraïbes
Du 27 septembre au 1er octobre 2006 à la Maison des Cultures du monde (Paris)
Événement original, ce nouveau festival trace les cohérences traversant les expressions d'une trentaine d'artistes issus de cinq îles francophones de la Caraïbe : Haïti, Martinique, Guadeloupe, Sainte-Lucie, Dominique. Peintres en exposition, musiciens et conteurs en spectacles, écrivains en conférences-débats : cinq jours d'effervescence à l'Alliance française.

Si les Français des Antilles ont leurs forums, leurs rendez-vous musicaux, leurs cercles intellectuels, rares sont les occasions où se côtoient les créateurs urbains de la diaspora et les artistes insulaires de la Caraïbe francophone. La première édition du festival Variations Caraïbes, initié par les associations Le Cri du peuple (lauréate du prix “Paris jeunes associations” 2005) et AmaZone Caraïbe, a pour ambition d'installer une plate-forme où les expressions des uns et des autres se rencontrent et se confrontent. C'est l'occasion de découvrir une jeune génération de créateurs de Sainte-Lucie, de la Dominique et d'Haïti, associés aux Martiniquais et aux Guadeloupéens.

L'Alliance française de Paris va vivre ainsi durant cinq jours sous le signe du métissage et de la “créolité”. Ce mouvement, fondé sur “la recherche identitaire des Antilles entamée par la Négritude et l'Antillanité”, met en cause les concepts d'unicité et de pureté, auxquels il oppose le métissage culturel, qui tire sa force et sa richesse de l'infinité des nuances. Selon ses concepteurs, “le festival Variations Caraïbes pourrait illustrer la créolisation du monde, définie comme processus mondial de contacts, de relations, d'échanges.”

Musiques et contes
Cinq soirées thématiques proposent un éventail de différentes tendances musicales qui se répondent d'une île à l'autre. Créole jazz en ouverture (mercredi 27) avec Ronald Boo Hinkson, dont la guitare aux phrases fluides et colorées traduit à merveille le mélange d'excitation, de nonchalance et de bien-être qui se dégage des rivages de Sainte-Lucie. Au même programme, le groupe Bwakoré de Martinique visite à sa manière, mélodique, moderne et sensuelle, l'héritage de la biguine et du bèlè. Le lendemain (jeudi 28), place aux conteurs “Yé Krik, yé Krak !” pour la soirée “Pawol en vol”. L'un est Guadeloupéen, Patrick Cheval le “conteur soleil”, l'autre Martiniquais, Igo Drane. Leurs voix dessinant l'univers des chimères de la tradition seront suivies du dialogue entre le jeu rythmique du jazzman Jean-Claude Montredon et la poésie de Philippe Cantinol.

La soirée “Mondes Caraïbes” (vendredi 29) est consacrée aux grandes formations : Los Renuentes de Porto Rico et le Nostalgia Steel Band de Gregory Rabess, musicien et compositeur de la Dominique installé à Londres. C'est la Guadeloupe qui fournira les rythmes de la “Nuit chaude” (samedi 30), avec la soul métissée d'Inès, suivie du grove impérieux emprunt de rythmes gwo ka traditionnels, servi par le feeling de Dominik Coco et son Karibbean Koumbeat. Le spectacle final (dimanche 1er octobre) convoque des artistes qui s'inspirent de l'ancrage de leur culture dans la douleur de l'esclavage. Edmond Mondésir est parmi les meilleurs connaisseurs du bèlè martiniquais, qu'il interprète et danse avec foi. Yane Mareine, Guadeloupéenne, transpose, pour sa part, les chants de transe vaudoue d'Haïti dans un contexte musical moderne. Quant au Martiniquais Kolo Barst, il est passé maître en l'art de faire passer le frisson avec sa voix qui roule des cailloux. Ses mains retrouvent sur la guitare la sensation de la canne qu'il faut couper sans trêve, jour après jour, jusqu'à saigner...

Arts plastiques et conférences
Pendant tout le festival, l'Alliance française présente l'exposition “Création ? Générations ? Identités ?”, qui rassemble peintures, installations, photographies, œuvres multimédias et tag'Art d'une dizaine de jeunes artistes plasticiens : Adrien Beaupère, Debouyart, Jallim Eudovique, Audrey Gabriel, David Gumbs, Gary Legrand, Luigi St Omer, Cynthia Phibel, Barbara Prézeau-Stephenson.
Deux conférences-débats sont également programmées :
- samedi 30 septembre, de 15h à 18h : “La Francophonie caribéenne : des îles, des écritures, des cultures”, avec Roger Toumson, Gregory Rabess, Gerty Dambury, François Durpaire, Jean-Michel Djian et Jean Metellus.
- dimanche 1er octobre, de 14h à 16h : “Regards sur les esthétiques visuelles du Nouveau Monde”, avec René Louise, Gérald Bloncourt, Benjamin Brou, Barbara Prézeau et Cécile Fromont.

Cette première édition s'achèvera sur la pulsion enivrante d'un Sound System installé dans la salle du Triptyque, emportée jusqu'au cœur de la nuit par les rythmes urbains de la “vibe” caraïbe.

François Bensignor
[19/09/2006]

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