
Ensemble Tambours du 93
Le programme de cette septième édition de Villes des Musiques
du Monde propose près de quarante spectacles. Il est le reflet des goûts
des programmateurs de chaque ville partenaire, qui assurent la production des
concerts. Ces choix concertés prennent en compte les différentes
cultures qui se croisent et s'expriment dans le département de la Seine-Saint-Denis.
Mais c'est surtout le souci de faire participer les publics, qui marque l'orientation
originale du festival.
Rencontres Mix
Cette année, cinq Rencontres Mix seront l'occasion pour
de jeunes mélomanes, musiciens avertis ou simples curieux de participer
à l'aventure d'une création musicale.
- Maloya Ka (le 29 à Aubervilliers) réunira le groupe
de maloya réunionnais Salem Tradition et l'ensemble dirigé par
le maître de gwo ka guadeloupéen Roger Raspail. Impliqué
depuis des années dans le festival, ce dernier a formé l'ensemble
Tambours du 93 avec des jeunes du département, qui participeront à
la création. Ils exploreront les points communs entre tambours et rythmes
des Caraïbes et de l'Océan Indien.
- Orchestre à Corps et voix du rythme (le 4 novembre à
Aubervilliers) sera emmené par la fougue inventive du Brésilien
Marcello Pretto, qui joue de son corps comme d'un orchestre. Durant son stage,
il initiera les jeunes participants à la coordination ou la dissociation
des rythmes faits avec les pieds, les mains, les voix ; aux rythmes brésiliens
vocalisés ; aux improvisations.

Marcelo Pretto © Myriam Segall
- Tapage nocturne (le 5 novembre à Aubervilliers) abordera
la danse. La chorégraphe Leela Petronio transmettra à de jeunes
danseurs amateurs sa connaissance des claquettes, du jazz roots et des percussions
corporelles, qu'elle adapte aux techniques du hip-hop.
- La Fête est Klezmer (le 11 novembre à Pantin) plonge
dans le répertoire patrimonial des Juifs d'Europe de l'Est détruit
par la Shoah, puis reconstruit à partir de New York. David Krakauer,
fantastique virtuose de la clarinette, est l'un des principaux artisans de ce
renouveau. Une trentaine de musiciens amateurs, sous la houlette de l'excellent
Denis Cuniot, auront la chance de l'accompagner sur scène. Le New-yorkais
SoCalled, désopilant inventeur du hip-hop yiddish, formera des rappers,
dont les interventions pimenteront le spectacle final.
- Tsiganofunk Rom (le 18 novembre à Aubervilliers) sera
le fruit de la rencontre entre la fanfare funk Tarace Boulba et l'un des plus
célèbres ensembles tsiganes de Roumanie, le Taraf de Haïdouks.
Un cycle d'ateliers dirigés par les musiciens de la fanfare française
sera ouvert aux souffleurs amateurs pour préparer le spectacle.
- Et le festival s'achèvera dans l'apothéose d'un Festin
des Fanfares (le 19 novembre à Saint-Denis).
Voix et danses orientales
Les musiques du Maghreb ont une place de choix dans la programmation 2006.
La soirée Maghreb en fête (le 21 au Cap d'Aulnay-sous-Bois)
rassemble le Marocain Youmni Rabii, le Tunisien Bouzid Ezzedine et l'Algérien
Kamel El Harrachi, qui a repris en le modernisant avec succès le flambeau
du châabi, brandi bien haut par son illustre père, Dahmane El Harrachi.
Gnawa Diffusion, emmené par Amazigh Kateb, fils de Kateb Yacine, autre
grande figure de la culture algérienne aujourd'hui disparue, se produira
pour la fin du Ramadan (le 24 à Pantin). Le même soir au Blanc-Mesnil,
l'Orchestre National de Barbès, discret ces dernières années,
fera partager son énergie joyeuse et communicative. Quant à Souad
Massi, elle charmera son auditoire (le 3 novembre à Aubervilliers).
Musiques et danses du Proche-Orient seront représentées par quatre
spectacles. Deux concerts d'artistes palestiniens : Kamilya Jubran, qui fut
la voix du groupe Sabreen (le 28 à Aulnay-sous-Bois) et le Trio Joubran,
trois frères virtuoses du oud (le 3 novembre à Aubervilliers).
Les spectacles de deux femmes intrépides qui, chacune dans leur domaine,
ont bousculé les formes de la création orientale : la chorégraphe
libanaise Lamia Safieddine (le 10 novembre à Stains), et la diva londonienne
Natacha Atlas (le 11 novembre à La Courneuve).

Wang Li
Révélations
Du côté de l'Afrique subsaharienne, à noter d'excellents
artistes qui méritent une meilleure médiatisation. À découvrir
en ouverture (le 21 à Montreuil) les douces harmonies des Frères
Guissé aux accents peulh du Nord du Sénégal. Daby Touré,
talentueux Mauritanien héritier de la lignée des Frères
Touré (Touré Kunda), nous charmera de son style original (le 28
à Aulnay-sous-Bois). So Kalméry, doux chanteur congolais, prosélyte
des rythmes et de la danse braka, est l'invité de BBA (le
31 à Aubervilliers), groupe métissé fondé par deux
jeunes chanteurs franciliens d'origine congolaise. Djeour Cissoko fera chanter
les 21 cordes de sa kora (le 4 novembre à Bobigny). Quant à Toumast,
jeune duo mixte de Touareg, sa prestation (le 18 novembre au Bourget) pourrait
confirmer l'excellente impression de leur premier album international Ishumar,
distribué par Wagram.
Enfin, ne manquez pas mon artiste coup de cur : le Chinois Wang Li (le
3 novembre à Aubervilliers). Il joue une fabuleuse collection de guimbardes
métalliques ou en bambou, à une ou plusieurs lames, glanées
parmi les minorités des contreforts du Tibet, et des flûtes inconnues
: tout un univers à découvrir !