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[danse] Suresnes Cités Danse fête ses 15 ans
Du 12 janvier au 4 février 2007 à Suresnes
Suresnes Cités Danse, “le festival qui fait danser la cité”, fête cette année ses 15 ans. L'occasion de revenir sur le chemin parcouru par les danses urbaines. La programmation haut de gamme de cette nouvelle édition est une preuve irréfutable de la sortie définitive du ghetto, des ouvertures les plus osées menées sans complexe, tout en préservant la fidélité aux racines.

suresnes cites danses 2007

15 ans ont passé depuis la première mouture de Suresnes Cités Danse, le “festival qui fait danser la cité”. Démarré en 1993 par un coup d’éclat et non dans un balbutiement, il se proposait “de donner des lettres de noblesse” aux formes chorégraphiques issues du mouvement hip-hop, c’est à dire à une expression artistique en mal de reconnaissance. Initialement autodidacte et limité à un engouement juvénile, le mouvement hip-hop a été associé à des formes musicales, orales, ou graphiques, géographiquement et socialement circonscrites. Il ne semblait prendre ses modèles qu’outre-atlantique, par mimétisme et en empruntant le canal audio-visuel. On ne soupçonnait sûrement pas tous les prémices d’un grand chambardement. Pourtant, depuis les démonstrations éclatantes de Doug Elkins et leur impact sur les jeunes du quartier de La Paillade à Montpellier, les changements allaient bon train. Le mouvement artistique prenait corps “ à force d’énergie, d’émulation, d’excellence” et de supports comme le Festival de Suresnes et de l’équipe du Théâtre Jean-Vilar. Il aura fallu en effet conjuguer les efforts des plus doués de cette “génération spontannée” et de leur entourage, avec l’accompagnement de quelques promotteurs convaincus (Philippe Mourat à La Villette, Christian Tamet au TCD puis à Chateauvallon, Guy Darmet à la Maison de la danse et à la Biennale de Lyon, J.M Montanari, Olivier Meyer…).

Le hip-hop et plus particulièrement les danses dites urbaines ont pu s’extraire des conditions précaires de la rue et de la prouesse compétitive. Presque simultanément, l’ouverture d’esprit des principaux acteurs et le désir d’enrichissement mutuel de plusieurs courants chorégraphiques, a favorisé l’intégration du hip-hop dans le réseau de plus en plus ramifié de la danse. Au bout de 15 ans on peut mesurer le chemin parcouru (du temps de la suspicion à la reconnaissance officielle, celle par exemple du ministère de la Culture avec son opération Rue, orchestrée à grands frais au Grand Palais).

La programmation haut de gamme de cette nouvelle édition de Suresnes Cité Danse est une autre preuve irréfutable de la sortie définitive du ghetto, des ouvertures les plus osées menées sans complexe, tout en préservant la fidélité aux racines. Des rencontres fusionnelles, mêlant l’inventivité, la virtuosité technique,de danseurs contemporains, de classiques, de danse africaine, permettront d’investir de nouveaux territoires. A titre d’exemples le festival programme Gang Peng ou Pockemon Crew, tout comme des habitués Laura Scozzi, Farid Berki ou Régis Obadia. May-Ling Bisogno présentera des variations entre hip-hop et tango argentin et Blanca Li sa comédie musicale Macadam. Au menu de “Cités danse variation” on peut signaler la rencontre insolite avec Marie-Agnès Gillot de l’Opéra de Paris autour de l’œuvre de sculpteur de Rodin, et du chorégraphe Abou Lagraa…ou celle tout aussi détonante de Lionel Hoche, en résidence à la Maison de la musique de Nanterre qui dans Friktion se confronte au hip-hop. Le courant continu de la réussite doit animer cette quinzième édition, sans redouter les électrochocs.

André Videau
[13/01/2007]

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