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[musique] L’Algérie des musiques “Hommages à...”
Institut du Monde Arabe : du samedi 1er novembre au samedi 6 décembre, Paris
L’Institut du Monde Arabe (IMA) rend hommage aux grands musiciens algériens des années 1930-60, qui apportèrent un peu de rêve à leurs compatriotes émigrés en France. Les œuvres d’une douzaine de grandes figures de l’époque seront interprétées par près de vingt artistes et orchestres contemporains.
Afin de clôturer brillamment lAnnée de lAlgérie,
les programmateurs de lIMA ont eu lidée de faire revivre
cette musique au goût de réconfort, qui permit à de nombreux
Algériens de résister au découragement des heures les plus
sombres de leur émigration en France. Ouvriers en usine, sur les chantiers
routiers, dans le bâtiment, ils nont souvent pas eu dautre
choix que de partir vivre en France, seuls et dans des conditions précaires,
afin de pouvoir contribuer à nourrir leurs familles. Dans un environnement
généralement hostile et froid, la musique a valeur de baume quand
les hommes se retrouvent au bar en fin de semaine. Une flûte, un tambour,
une guitare, un banjo et fusent les chansons. Des airs du bled, des paroles
bien tournées, paraboles fleuries propices à faire naître
le sentiment damour.
Parfois, un chanteur populaire anime la soirée. Dans les années
50-60, ce pouvait être Dahmane El Harachi, fils du Cheikh El Amrani, le
muezzin de la Grande Mosquée dAlger, ou Cheikh El Hasnaoui. Pour
avoir travaillé successivement à Lille, Marseille, Lyon et Metz
durant les quinze années précédant son installation à
Paris en 1964, El Harachi sut magnifiquement chanter lexil. Pour son hommage
à lIMA, Kamel El Harrachi fera revivre le souvenir de son père.
El Hasnaoui fut parmi les premiers chanteurs algériens à enregistrer
en 1946 sur la marque Odéon. Sil a pu souffrir dêtre
méconnu, oublié, son héritier, Hasnaoui Amechtouh, fait
aujourdhui tout ce qui est en son pouvoir pour perpétuer son style
kabyle.
Avec les années 60 arrivent les premiers juke-boxes. Ils déversent
les voix des chanteurs oranais, celle du crooner Ahmed Wahby, maître du
gharbi inspiré du style bédouin, celle aussi de Blaoui
Houari, lun des premiers à avoir entrepris de moderniser le raï
traditionnel. Souad Bouali, la voix de la corniche, et Baroudi Bekhedda,
le Bédouin des villes, évoqueront la délicieuse
aisance des deux hommes.
La radio prend aussi de limportance. Elle va populariser le style à
la fois poétique et engagé de Slimane Azem, diffusé régulièrement
sur les ondes de Radio Paris, au cours de lémission dun quart
dheure réservée aux Kabyles. Akli Yahiaten, chanteur à
la voix de miel originaire de Aït-Mendès, fera revivre
lesprit de son prestigieux aîné, entouré de deux invités
dhonneur, Kamel Hamadi et Cherif Kheddam.
La tradition classique arabo-andalouse joue également un grand rôle
dans la perpétuation des valeurs culturelles tant pour les musiciens
qui sy adonnent que pour les mélomanes qui lécoutent
avec délices. À Blida, dès les années 50, le grand
chanteur Dahmane Ben Achour saffirme au sein de lorchestre de Mahieddine
Lakhal parmi les plus grands maîtres de la vocalisation improvisée
aroubi et du style hawzi, fondé sur larticulation des musiques
classique et populaire. Cest à Ahmed Larinouna dirigeant son ensemble
et la chorale Amel, que reviendra lhonneur de cet hommage au maître
classique.
Peu de femmes ont réussi à imposer leur statut de chanteuses à
travers lart difficile du hawzi. Seuls sont restés quelques grands
noms, comme Cheikha Tetma, Maalma Yamna, Fadila Dziria et Meriem Fekka. Hommage
leur est rendu par Naïma El Djazaïra et par Naïma Ababsa, accompagnées
par Mabrouk Hamaï et son orchestre.
Ce cycle de concerts hommages ne manque pas de saluer deux monstres sacrés
de la nouba arabo-andalouse. Dabord le grand maître Cheikh Sadek
Abjaoui, qui dirigea le conservatoire de Bédjaïa durant plus de
trente ans, jusquà sa mort en 1995, à lâge de
88 ans. Son propre ensemble jouera en sa mémoire, avec pour invités
dhonneur Nassima et El Ghazi. Enfin, lincontournable Hadj MHamed
El Anka, que daucuns qualifient de maître absolu du chaâbi.
Cheikh Abdelkader Chercham aura pour tâche de se montrer à la hauteur
des éloges prononcés par son maître, El Anka, lui-même
Moments intenses en perspective.
Agenda
samedi 1er novembre, 20h30 : Hommage à Dahmane Ben Achour, avec
Ahmed Larinouna, son ensemble et la chorale Amel
vendredi 7 et samedi 8 novembre, 20h30 : Hommage à Cheikh El Hasnaoui
et Slimane Azem, avec Akli Yahiaten et El Hasnaoui Amechtouh accompagnés
par El Hadi El Anka et son orchestre. Invités dhonneur : Kamel
Hamadi et Cherif Kheddam
vendredi 14 et samedi 15 novembre, 20h30 : Hommage à Blaoui Houari
et Ahmed Wahby, en présence de Blaoui Houari, avec Baroudi Bekhedda et
Souad Bouali accompagnées par Baye Bekkaï et son orchestre
vendredi 21 et samedi 22 novembre, 20h30 : Hommage à Sadek Abjaoui,
avec lensemble Ahbab Cheikh Sadek Abjaoui de Bédjaïa. Invités
dhonneur : Nassima et El Ghazi
vendredi 28 et samedi 29 novembre, 15h et 20h30 : Hommage à El
Hadj MHamed El Anka et Dahmane El Harrachi, avec Cheikh Abdelkader Chercham
et Kamel El Harrachi, accompagnés par El Hadi El Anka et son orchestre.
Invités dhonneur : Rachid Taha
vendredi 5 et samedi 6 décembre, 20h30 : Hommage à Cheikha
Tetma, Maalma Yamna, Fadila Dziria et Meriem Fekka, avec Naïma El Djazaïra
et Naïma Ababsa, accompagnées par Mabrouk Hamaï et son orchestre.
François Bensignor
[30/10/2003]
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IMA, Auditorium
1, rue des Fossés-Saint-Bernard
Place Mohamed V
75005 Paris
Réservations : 01 40 51 38 14
Serveur vocal : 01 40 51 38 11
www.imarabe.org  |
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