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[cinéma] Festival international des cinémas d'Asie
Vesoul du 22 février au 1er mars 2005
La onzième édition du festival de Vesoul met à l'honneur la Corée et l'Iran, tout en revendiquant une forte présence de l'Asie francophone (Cambodge, Laos, Liban, Vietnam). Cette édition fournit l'occasion de découvrir l'oeuvre du cinéaste sud-coréen Lee Doo-Yong à travers une sélection de 8 films dont 3 inédits. La richesse du programme montre l'essor du cinéma asiatique et l'engouement qu'il suscite sur les publics européens.


Les traditions se perpétuent et les nouveautés s'imposent pour le plus vieux des festivals européens uniquement consacré à l'Asie. Le festival de Vesoul en est à sa onzième édition et met à l'honneur la Corée et l'Iran, tout en revendiquant une forte présence de l'Asie francophone (Cambodge, Laos, Liban, Vietnam).
Le thème général qui traverse la programmation et donne lieu à une sélection spécifique de 15 films, est : “naître et être différent” qui peut se décliner de plusieurs manières : naître femme, naître dans un pays en guerre, être handicapé, être immigré, être étranger dans son propre pays...

On retrouvera bien sûr les temps forts habituels :
- 17 films en compétition dont certains en avant-première mondiale ou nationale (9 long-métrages de fiction et 8 documentaires). Pays représentés : Cambodge, Chine, Iran, Israël, Kazakhstan, Laos, Liban, Philippines,Turquie, Vietnam et Yémen (avec une oeuvre de la seule réalisatrice du pays Khadija al-Salami) ;
- une section jeune public, ouverte aux scolaires à des horaires appropriés ;
- des hommages à l'Iranien Ezzatollah Entezzami et au Coréen Lee Doo-yong (voir encadré) ;
- des séances spéciales, hors compétition, permettant de découvrir des oeuvres en provenance de Hong-Kong, du Japon, d'Inde, de Corée, du Vietnam...
- des regards occidentaux sur l'Asie avec Kundun de Martin Scorcese ou En chantant sous les paravents de Ermano Olmi.

En complément de cette programmation cinéma, un certain nombre d'expositions s'inscriront dans le propos : peintures de l'Iranien Pedram Memarzadeh, photographie de Jean-Marie Coupriaux, Christian Simon, Françoise Dabouy, Christiane Véjux, affiches et photos de films...

La richesse du programme montre l'essor du cinéma asiatique et l'engouement qu'il suscite sur les publics européens. Pour satisfaire plus de monde, le festival se déplace hors les murs et va à la rencontre des spectateurs de Haute-Saône : à Luxeuil-les-Bains (Espace Molière), à Lure (Espace Méliès), à Gray (Cinéma Majestic). Les Parisiens quant à eux pourront voir l'ensemble des films primés du 23 au 27 mai à l'auditorium du musée Guimet.

  ZOOM : Lee Doo-Yong

La onzième édition du festival de cinéma de Vesoul est l'occasion de découvrir l'oeuvre du cinéaste sud-coréen Lee Doo-Yong à travers une sélection de 8 films dont 3 inédits.

Auteur classique au style énergique, Lee Doo-Yong est l'un des cinéastes majeurs des années 1980. Né à Séoul en 1942, il émerge dans les années 70 aux côtés d'Im Kwon-Taek (Ivre de femmes et de peinture, 2002) avec lequel il partage le goût des mélodrames historiques. Cette période est marquée par la rigueur du régime du général Park Chong-Hui qui interdit les productions cinématographiques indépendantes et la diffusion de films étrangers au profit d'une production nationale et de propagande. Il en résulte un système favorisant la quantité au détriment de la qualité, les Quota quickies (films à petit budget pour respecter les quotas). C'est ainsi que Lee Doo-Yong réalise pendant les seules années 1970 plus de trente films.

Après la mort du général, le régime se libéralise, de nouveaux thèmes apparaissent et le style du cinéaste s'affirme. Le film Pee-Mak, présenté en 1981 au festival du film de Venise, le révèle sur la scène internationale. Ses films suivants et notament Le Rouet (1983) et Le Mûrier (1985) s'attachent à dépeindre la difficile condition de la femme coréenne dans une société confucianiste. Son film le plus emblèmatique est peut-être Les Eunuques qu'il réalise en 1986. Ce drame historique teinté d'érotisme mène une réflexion critique sur le pouvoir. Son dernier film en date, Arirang (2002), peut-être gràce à son sujet fédérateur (la résistance coréenne face à la colonisation japonaise au début du XXe siècle) est le premier film sud-coréen à franchir la censure du nord et à sortir simultanément dans les deux pays.

André Videau et Laurent Girard
[17/02/2005]

Mots-clés : cinéma, Asie, Corée, Iran
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