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[football] Les discriminations et le racisme hors jeu
Les actions de la Fédération française de football
Depuis quelques années, la Fédération française de football s’engage pour l’intégration et dans la lutte contre le racisme et les discriminations à travers plusieurs actions. Dernière en date, la sortie, le 12 juin, du single “Douce France”. Grâce aux bénéfices réalisés par les ventes du disque, la FFF va faire bénéficier de formations professionnelles à des jeunes de quartiers en difficultés.

“Fraternité-Insertion-Football”
“Les enfants du pays”, collectif d’une soixantaine d’artistes et de sportifs mené par Marc Lavoine et réunissant, entre autres, Yannick Noah, Akhénaton ou encore Frank Ribéry, a enregistré, en partenariat avec le Collectif contre les discriminations, une reprise de la célèbre chanson Douce France, de Charles Trenet. Les recettes des ventes du disque, sorti le 12 juin, seront intégralement reversées à la Fédération française de football (FFF). Cette dernière a, pour l’occasion, créé un fonds spécial, “Fraternité-Insertion-Football” qui va permettre de financer la formation professionnelle d’animateurs de football et d’éducateurs de rues à des jeunes de quartiers en difficultés.

Pochette du disque Douce France Universal
Pochette du disque Douce France - Universal

Un but pour l’emploi
“La Fédération prend des engagements forts pour tenter de briser les barrières sociales existantes, combattre le racisme et lutter pour l’intégration et contre les discriminations, notamment à l'emploi. Autrefois, elle le faisait de manière informelle, mais nous avons senti la nécessité de constituer une entité spécifique, un comité entièrement dédié à ces problématiques”, explique Patrick Wincke, chargé de mission auprès de la Fédération pour les questions de racisme, de violences et de discriminations.
“La sortie de 'Douce France' n’est qu’une opération parmi d’autres”, tient à souligner Patrick Wincke. Ainsi, plusieurs actions d’insertion ont été mises en place. Parmi elles, “Un but pour l’emploi”, menée en collaboration avec l’organisme de formation Enofor. L'opération est testée dans certaines villes d’Ile-de-France, comme Aulnay, Creil ou Sarcelles. Elle s’adresse à des jeunes, peu qualifiés ou diplômés, qui ne trouvent pas d’emploi à cause de leur origine, de leur lieu de résidence ou qui sont en situation d’échec. Après avoir fait un bilan de compétences, les jeunes sont orientés vers des formations en alternance, compatibles avec leurs envies et leurs capacités. La FFF, qui bénéficie d’aides au financement publiques, a signé un certain nombre de conventions avec différents employeurs tels que Carrefour, Suez ou des sociétés de nettoyage. En retour, les jeunes qui bénéficient de cette opportunité doivent s’impliquer dans un club local, comme bénévoles ou encadrants, si ils ont choisi une formation d’éducateur de football.


Affiche “Racisme, se taire, c’est l’accepter”

Racisme, sensibiliser les amateurs
En plus de lutter pour l’insertion et contre les discriminations à l’emploi, la FFF entend bien poursuivre son combat contre le racisme et les incivilités. Associée à la Licra, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, elle mène actuellement une campagne au sein des clubs de football amateurs, “Racisme, se taire, c’est l’accepter”. Par le biais de séances d’informations, de tracts et d’affiches, les victimes ou témoins d’actes racistes ou discriminatoires sont appelés à dénoncer tout incident, en le signalant, notamment via un courrier électronique envoyé à une adresse spécialement créée pour l’occasion (inforacisme@fff.fr).
Parallèlement à cela, la Fédération vient de se doter d’un Observatoire national de la violence dans le football amateur. Son but est de recenser les incivilités afin de réfléchir aux réponses à apporter et de faire évoluer les règlements. “Si la fédération s’implique principalement dans le football amateur, c’est que cela représente un million de matches par an et deux millions de licenciés. Ce sont donc toutes les composantes de la société qui se retrouvent sur les terrains et dans les stades. Au niveau professionnel, même si les problèmes de racisme, d’incivilités et de discriminations sont présents, ils sont beaucoup moins nombreux ”, poursuit Patrick Wincke.


Extrait de la plaquette “Racisme, se taire, c’est l’accepter”

Porter des valeurs
Comme sur le terrain, agir dans la vie, que ce soit au niveau professionnel ou personnel, nécessite de respecter certaines lois et de se soumettre à des règles. “Nous voulons prouver que le football a des vertus mais qu’il est aussi porteur de valeurs, telles que le respect, la discipline ou l’amitié, et qu’il reste un vecteur d’intégration et de conciliation”, insiste Patrick Wincke. Au delà de la volonté d’organiser le milieu du ballon rond et de faire partager la passion du jeu, la Fédération française de football entend bien faire évoluer l’image de son sport et en tirer partie pour le mettre au service d’un engagement citoyen.

Maya Larguet
[14/06/2006]

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