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[lutte contre le racisme] Mondial engagé
Des actions médiatiques pour dire non au racisme
La Coupe du monde de football se déroule du 9 juin au 9 juillet 2006, en Allemagne. La Fédération Internationale de Football Association (Fifa) espère profiter de cet événement, très suivi, pour rappeler ses engagements contre le racisme. Deux journées spéciales sont prévues les 30 juin et 1er juillet.


Banderole “Dîtes non au racisme” déployée avant chacun des 64 matches
© Fifa / Foto-net

Qu’on le veuille ou non, impossible d’échapper à la Coupe du monde de football qui se déroule en ce moment même, et jusqu’au 9 juillet, en Allemagne. Le match d’ouverture a été suivi par 1,5 milliard de personnes dans le monde. Aucun doute possible, l’événement porte bien son nom : le Mondial. Raison pour laquelle la Fédération Internationale de Football Association (Fifa) mise sur l’événement pour diffuser le plus largement possible son message de lutte contre le racisme. “Nous menons tout au long de l’année des actions en ce sens mais la Coupe du monde est une occasion inespérée de se positionner clairement contre le racisme. Cela donne une autre ampleur au combat”, explique Jérôme Champagne, délégué du président de la Fifa.

Actions ciblées
Avant chacun des matches, 64 au total, le terrain est recouvert d’une banderole sur laquelle s’affichent les slogans “Dites non au racisme” et “Le rendez-vous de l’amitié”. Deux journées officielles contre le racisme auront également lieu le 30 juin et le 1er juillet, dates des quarts de finale, compétitions à forte audience. Les huit capitaines des équipes qui disputeront ces matches liront chacun un texte. “Ils porteront sur le thème de l’absurdité du racisme et rappelleront les valeurs inhérentes au sport. Dans ce domaine, ce qui compte c’est de gagner, peu importe la couleur de peau”, précise Jérôme Champagne qui souhaite que les messages soient relayés par le plus grand nombre de médias possible.
Tout au long du Mondial et dans le même but, la Fifa travaille en collaboration avec certains partenaires, comme le Comité organisateur, par exemple. Ce dernier a consacré quatre millions d’euros à la lutte contre le racisme. Des structures d’accueil pour les supporters étrangers ont été mises en place et les Allemands issus de l’immigration ont été invités à prendre part à la grande fête du football. L’association britannique Fare, Football contre le racisme en Europe, a, elle, édité un fascicule contenant des déclarations anti-racistes de joueurs et organise des matches entre groupes de nationalités différentes.


Début de match. En arrière-plan les messages :
“Dites non au racisme” et “Le rendez-vous de l’amitié”
© Fifa / Foto-net

Assumer ses responsabilités
Déjà en 2001, lors de son Congrès annuel qui réunissait à Buenos Aires les 207 fédérations, la Fifa, avec le soutien de Lilian Thuram, incitait associations et confédérations à s’engager avec plus de ferveur dans la lutte contre le racisme. Du fait d’une succession d’incidents dans les stades, tels que des jets de bananes, des imitations de cris de singe adressés à des joueurs africains, des chants xénophobes ou encore la présence de bannières antisémites, la Fifa a décidé d’aller plus loin dans la démarche.
Le 17 mars 2006, elle a révisé l’article 55 du Code disciplinaire introduisant ainsi de sévères sanctions en cas de racisme ou de discrimination sur le terrain ou dans les tribunes. Des amendes financières, des matches de suspension, une déduction de points voire la disqualification de l’équipe peuvent désormais être envisagés suivant les situations. “Ainsi, la Fifa a démontré qu’elle n’acceptait plus que les gens se défaussent de leurs responsabilités”, insiste Jérôme Champagne. L’amendement entrera en vigueur dès la saison prochaine.


Lilian Thuram et Joseph S. Blatter, président de la Fifa, lors du congrès contre le racisme en 2001 à Buenos Aires.
© Fifa / Foto-net

Sisyphe sur la pelouse
“Le foot est une des rares choses vraiment universelle, c’est un très fort élément de connexion entre les gens, voilà pourquoi c’est un outil formidable pour lutter contre la bêtise. La Coupe du monde, et le mot 'monde' est important, est un élément d’inclusion. Les gens sont là pour une fête collective, heureux de se retrouver dans la diversité”, relève le délégué du président de la Fifa. Il souligne néanmoins l’absurdité des comportements racistes dans le football alors que les équipes actuelles sont de plus en plus multiculturelles, et que le roi de ce sport reste incontestablement le Noir Pelé. “Comment expliquer aussi, par exemple, que trois ans après avoir célébré une équipe black-blanc-beur, la France se retrouve avec Le Pen au second tour des élections présidentielles ? C’est absurde !”
Jérôme Champagne tient cependant à une précision : “ce n’est pas tant le milieu du football qui est raciste que les personnes racistes qui trouvent dans le ballon rond un moyen d’expression supplémentaire”. Le problème est plus global. “Nous vivons dans un monde fracturé, divisé socialement et ethniquement. C’est aux gouvernements d’agir. On donne au sport trop de responsabilités : changer le monde, trouver des solutions. Mais le sport ne peut pas tout”, reconnaît Jérôme Champagne avant de conclure “Lutter contre le racisme, c’est, à l’image de Sisyphe, mener un combat permanent”.

Maya Larguet
[21/06/2006]

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