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[interculturel] Une oasis à Nanterre
Des échanges interculturels et intergénérationnels via le sport et la culture.
Depuis près de dix ans, Oasis dresse des passerelles entre les deux rives de la Méditerranée et, en France même, entre des populations qui, malgré leurs différences culturelles, religieuses, sociales et même générationnelles, n’en forment pas moins une communauté nationale. Pour Oasis, l’année de l’Algérie a lieu tous les jours et ce depuis plus d’une décennie. Dans l’anonymat d’une vie locale, associative et militante, les animateurs et amis de cette structure participent de ce rêve franco-algérien qui vise à créer et consolider de réelles solidarités, de sincères fraternités, des échanges fondés sur des rapports d’égalité et la participation effective des populations. À commencer par les plus jeunes.

L’action de l’association Oasis à Nanterre aurait pu préfigurer ce que l’année de l’Algérie en France aurait pu être : une année de rencontres, d’échanges et de participation des populations elles-mêmes au travers des associations, des quartiers, des cercles professionnels, éducatifs, artistiques etc. Depuis près de dix ans cette association dresse des passerelles entre les deux rives de la Méditerranée et, en France même, entre des populations qui, malgré leurs différences culturelles, religieuses, sociales et même générationnelles, n’en forment pas moins une communauté nationale.

Certaines individualités incarnent à elles seules la philosophie, les actions, l’histoire même d’une association. Le bouillonnant et généreux Mohamed Allel est de celles-là. Oasis à Nanterre c’est lui ! et l’homme connaît son monde dans cette ville où, entre deux rendez-vous, deux réunions et autant de manifestations, il n’hésite pas à apostropher tel ou tel passant pour lui rappeler un engagement, une promesse d’aide ou de collaboration. Toujours en mouvement, la gouaille intarissable, les bras chargés de dossiers, la tête bourrée de projets, Mohamed Allel représente la figure du responsable associatif engagé corps et âme dans et pour sa structure.

En 1994, il crée Oasis et prend alors ses distances avec l’association Solidarité-chômage. Pour lui “le demandeur d’emploi a aussi droit à un savoir, à la culture, au sport”. Ce credo, les autres administrateurs de Solidarité-chômage ne le partageaient pas. Aussi, Mohamed Allel - un “fonceur” comme il se définit lui-même - se lance dans une nouvelle aventure. Oasis vise à organiser des échanges interculturels et intergénérationnels via le sport et la culture.

Pour ce fils d’ouvrier algérien qui “n’a pas connu la misère, mais l’a côtoyée”, aider les autres est une vocation. Il s’adresse d’abord et avant tout aux populations d’origine modeste et s’efforce de tisser des liens entre les populations, conscient que “le manque de connaissance de l’autre est facteur de racisme”. Le travail d'insertion sociale des jeunes chômeurs, Oasis le mène par l’écoute et la volonté de “les faire sortir de leur isolement”.

Au début et au centre de cette action : le sport. D’ailleurs Oasis est la contraction d’“organiser l’accueil et les séjours internationaux des sportifs”. Ainsi, en mai 1998 l’association accueille une soixantaine de jeunes sportifs algériens de la wilaya de Boumerdes tous pratiquants d’arts martiaux. Quatre mois plus tard, ce sont quatorze autres Algériens qui viennent en France pour participer à un stage de boxe chinoise. La même année une délégation française se rend en Algérie et Oasis renouvelle l’expérience avec un stage organisé en 2000 du côté de Bejaïa. En 2001, ils sont seize Algériens à séjourner à Nanterre une dizaine de jours et cet été, ce sont quinze footballeurs âgés de quinze à dix-sept ans, tous membres de l'association En-Nasr d’Hussein Dey (banlieue d'Alger) qui viennent rencontrer des jeunes des quartiers de Nanterre et disputer quelques matchs avec d'autres équipes de Paris et d’Ile de France. Pour mars 2004, l’association projète d’accueillir une trentaine de gamins membres de l’ASPTT d’Alger.

Cherchant à diversifier ses activités en direction de la culture, Oasis a expose au Centre Mathis dans le 19e arrondissement de Paris, le plasticien Lofti Fardeheb. Cet été, l'association a organisé à Nanterre une représentation de la pièce Fatmade M'hamed Ben Guettaf mise en scène et interprétée par Salima Kheloufi.

Pour Oasis, l’année de l’Algérie a lieu tous les jours et ce depuis plus d’une décennie. Un travail de fourmi et à but non lucratif, où, dans l’anonymat d’une vie locale, associative et militante, les animateurs et amis de cette structure participent de ce rêve franco-algérien qui vise à créer et consolider de réelles solidarités, de sincères fraternités, des échanges fondés sur des rapports d’égalité et la participation effective des populations. À commencer par les plus jeunes.

Pour mener ce travail difficile et impérieux, Oasis ne reçoit pas de subventions. L’entraide entre amis, le soutien de quelques donateurs, la solidarité inter-associative, l’aide de la municipalité (sous la forme d’hébergement) et surtout l’énergie dépensée sans compter depuis des années par les animateurs de l’association ont réussi, selon Mohamed Allel à ce que neuf à dix milles personnes se rencontrent dans le cadre de ces échanges franco-algériens. Pas fou, la tête bien arrimée sur de solides épaules, Mohamed Allel n’oublie pas d’en appeler le lecteur à la solidarité financière. Histoire que du côté de Nanterre ou de Bejaïa le destin de deux peuples continue de se croiser, de s’entremêler, bien loin des grandes pompes officielles. Mais plus sûrement !

Mustapha Harzoune
[20/10/2003]

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