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[citoyenneté] Donnons-nous des couleurs.
Campagne pour une représentation politiques des citoyens dans leur diversité.
Un collectif dassociations regroupant le Mouvement contre le racisme et
pour lamitié entre les peuples, la Ligue des droits de lHomme,
la Ligue de lEnseignement et lAssociation des travailleurs maghrébins
de France, lance simultanément à la sortie de Rêves
de France à Marseille une initiative intitulée Donnons-nous
des couleurs. Campagne pour une représentation politique des citoyens dans
leur diversité. Refusant la logique des quotas comme celle du communautarisme,
le collectif compte organiser toute une série de projections-débats
autour du film Rêves de France à Marseille, et susciter en
vue des prochaines échéances électorales, un débat
national sur la question.

Soutenus par dautres associations et par des personnalités, le collectif
entend se référer au séisme électoral du
21 avril 2002 et le fort taux dabstention [qui] ont révélé
une fracture entre les Français et leurs représentants
pour constater la faible représentation politique des Français
issus de limmigration et exiger des partis politiques quils
prennent leurs responsabilités et mettre enfin en accord les principes
quils affichent et leurs pratiques réelles. Pour les prochaines élections
cantonales, régionales et européennes en 2004, les listes doivent
être largement représentatives de la France plurielle.
Refusant la logique des quotas comme celle du communautarisme, le collectif
compte organiser toute une série de projections-débats autour du
film Rêves de France à Marseille (voir
notre chronique), et susciter en vue des prochaines échéances
électorales, un débat national sur la question.
Une question appuyée par des personnalités aussi diverses que
Tokia Saïfi, secrétaire dÉtat UMP, Alima Boumédienne-Thiéry,
députée européenne (Les Verts), Salah Amokrane, conseiller
municipal à Toulouse (Liste Motivé-e-s) ou Hanifa Cherifi, médiatrice
de lEducation nationale ou le sociologue Michel Wieviorka qui en appelle
à écouter les acteurs concernés, les immigrés
désireux dentrer en politique, les responsables de partis qui détiennent
les clés de cette entrée. Pour Michel Wieviorka le danger
est double : Dans le premier cas, le risque est grand de nier les particularismes
identitaires, de stigmatiser ou de rejeter ceux qui en relèvent, au nom
dun universalisme en fait ravageur. Et dans le deuxième, le risque,
opposé, est de créer les conditions favorables aux dérives
du communautarisme, négateur, bien souvent, des droits de lhomme,
oublieux de la subjectivité individuelle des membres du groupe concerné,
en vite facteur de violences intercommunautaires.
Le tableau dressé par Paul Oriol, auteur de nombreux articles, notamment
pour la revue Migrations et sociétés, nest évidemment
pas brillant : À lAssemblée nationale et au Sénat,
aucun député originaire, à la première ou à
la énième génération, dAfrique subsaharienne
ou du Nord. Kofi Yamgnane, le seul député noir élu en 1997,
a été battu en 2002. Dans les assemblées régionales,
on en trouve 4, soit 0,24 % des élus. Et 150 parmi les élus municipaux
dans les communes de plus de 50 000 habitants soit 3,4 %. Seule exception, les
élus français au Parlement européen, ils sont 4 en 1999
soit 5 % .
Mais la question de la crise de la démocratie représentative
est au rendez-vous de toutes les consultations électorales depuis de
nombreuses années. Lespoir suscité (à tort ou à
raison) par la loi sur la parité sest révélé
tout à fait injustifié notamment parce que le cumul des mandats
dans le temps est resté la règle et le renouvellement du personnel
politique na pas réellement eu lieu. Lucile Schmid, ancienne conseillère
technique en charge des discriminations auprès d'Élisabeth Guigou,
en a fait un bref bilan dans la page Rebonds de Libération du
17 novembre où elle analyse avec justesse : Le volontarisme
concernant la place en politique des Français dorigine étrangère
et il est nécessaire , sil ne saccompagne pas
de cette même réflexion sur le renouvellement, peut conduire à
une situation absurde : pour avoir une chance dêtre remarqué
il faudra être femme, jeune, beurette et avoir un parrain. On pourrait
alors en arriver à une gestion quasi communautaire des personnes, à
un système ne permettant aucune sélection sur les qualités
humaines et nintégrant aucun de ces Français qui pensent
que la politique nest pas pour eux : les personnes en situation de précarité,
les cadres du secteur privé, limmense majorité des jeunes,
les militants associatifs. Beaucoup de monde
Sil ne faut escamoter aucun aspect du problème, il semble devenu
suffisamment grave pour que des militants, chercheurs et hommes/femmes politiques
de tous bords sinterrogent sur la façon de faire de la politique
autrement en même temps que sur la façon de réformer le
système pour le rendre plus représentatif de la population française.
Cest ce quexplicite Salah Amokrane : Il ne sagit
pas dun problème uniquement ethnique, mais sexuel (malgré
la parité), social, générationnel.
Chérifa Benabdessadok
[01/12/2003]
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Les textes de la campagne et les dates et lieux des projections-débats
sur les sites des associations membres du comité de pilotage :
www.mrap.asso.fr 
www.ldh-France.org 
www.laligue.org 
www.atmf.org 
Pour organiser projections du film Rêves de France à Marseille
et débats : 01 48 70 39 35 / 01 45 44 20 45
Mouvement pour une citoyenneté active : www.citoyennete-active.org 
On lira aussi avec intérêt la contribution thématique à
linitiative de Bariza Khiari au dernier congrès du Parti socialiste
:Luttons ensemble contre les discriminations politiques au sein de
notre parti www.psinfo.net 
A signaler également le tout récent livre de Paul Oriol Résidents,
étrangers, citoyens ! publié par Presse Pluriel et diffusé
par lASECA BP 2709F-80027 Amiens Cedex
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