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[multimédia] Nouveaux écrans, nouveaux médias
Utiliser Internet pour la diffusion de la production audiovisuelle française.
La télévision par internet à haut débit pourrait contribuer à renforcer la production audiovisuelle française en lui permettant une diffusion numérique mondiale. De nouveaux services audiovisuels comme la Video on demand (VoD) pourraient aussi faire partie des missions éducatives et culturelles des services publics. Pour cela, il faut instaurer un dialogue entre les différents acteurs du secteur, préconise le rapport Nouveaux écrans, nouveaux médias, qui vient d'être remis au CNC.


Nouvelles pratiques, nouveaux modèles économiques

A l'école, dans les cours de récréation, de plus en plus nombreux sont les enfants qui s'échangent des tuyaux pour télécharger, à l'insu des parents et de l'industrie audiovisuelle, les derniers films à grands spectacles avant même leur sortie en France, et qui se retrouvent on se demande comment sur Internet. La circulation licite ou illicite sur la Toile de produits fabriqués pour le cinéma ou la télévision, et plus globalement l'irruption d'internet dans la sphère de l'audiovisuel, a incité le CNC (Centre national de la cinématographie) à demander à Marc Welinski, ex-président de Wanadoo Audiovisuel, une évaluation du phénomène et de ses enjeux. A la mi-juin 2003, le rapport Nouveaux écrans, nouveaux médias, éléments pour une stratégie Internet de la production audiovisuelle française, a été rendu public.
Ce rapport évalue les perspectives qu'offrent les nouveaux médias en termes de diffusion des oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles, tout en soulignant le contraste entre la culture économique de l'univers Internet marqué par la gratuité, et celle du cinéma et du droit d'auteur, marquée par des logiques de rentabilité. Mais l'originalité du diagnostic de Marc Welinski consiste à partir d'une analyse pointue de l'envol commercial du DVD pour préconiser le développement prioritaire de la Video on demand (VoD), distribution on-line‚ et à la demande‚ de vidéogrammes comparable à un gigantesque vidéo-club disponible directement de chez soi.


La distribution électronique de vidéos : une opportunité à saisir pour la diffusion des oeuvres audiovisuelles francophones


L'arrivée et la pénétration fulgurante du DVD dans les foyers en moins de cinq ans (les prévisions tablent sur 9 millions d'appareils d'ici fin 2003), révèle selon l'auteur une véritable rupture des modes de consommation classiques par rapport à la vidéo et la télévision. L'achat, par exemple, d'un DVD est à 60 % dû à la volonté de voir un film raté au cinéma, autrefois une des motivations principales des abonnés à Canal Plus. Le DVD offre en outre les conditions d'un visionnage plus actif avec ses bonus - making-of, enquêtes, archives diverses, versions multilingues, etc - et la possibilité de voir des documents de qualité au moment de son choix. On n'est d'ailleurs plus tributaire de la „chronologie des médias‰, c'est-à-dire des conditions de sortie d'un film d'abord en salles puis en vidéo et enfin la diffusion TV : avec les DVD multilingues, le commerce a tendance à s'internationaliser. On peut ainsi acheter un film étranger disponible en français dans un autre pays, sans attendre sa sortie nationale. La diffusion de DVD rejoint ici des habitudes prises sur Internet.


Développer le dialogue entre opérateurs techniques et producteurs de contenus audiovisuels

D'après l'auteur du rapport, la télévision dite “interactive” est une tentative de repositionnement par rapport à la percée du DVD. Basée sur le jeu et l'interactivité (payante) du téléspectateur, cette dernière délaisse une mission éducative ou culturelle qui devrait être garantie avant tout par le service public. La TV par ADSL (internet haut débit) et la VoD - ou “distribution électronique de vidéos” - pourraient ici avoir un rôle majeur à jouer. Il s'agirait d'offrir en ligne un catalogue élargi du patrimoine de programmes audiovisuels français, actuellement sous-exploité, ainsi que l'accès aux archives de l'Institut national de l'audio-visuel (Ina) en cours de numérisation. L'auteur suggère aussi que le CNC et le fond de soutien aide à la numérisation de programmes et de catalogues diversifiés. Ce service audiovisuel à la demande pourrait proposer une offre mixte de contenus gratuits et de productions payantes. Marc Welinski préconise en ce sens un dialogue encore trop peu développé en France entre les opérateurs techniques et les producteurs, notamment sur la question centrale du piratage, pour lever les réticences des professionnels qui y voient un manque à gagner.

Aux Etats-Unis, plus de 7 millions de foyers avaient déjà accès à la VoD fin 2002. Selon le rapport, la VoD devrait être techniquement prête et en mesure de décoller en France autour de 2007. A travers la diffusion numérique mondiale d'oeuvres majeures de l'audiovisuel francophone, la VoD permettrait enfin de renforcer la langue française, qui représente aujourd'hui seulement 2 % des contenus disponibles sur le Net !

Mogniss H. Abdallah
[21/07/2003]

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