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 [Éthiopie] Abyssinia Infinite, Featuring Ejigayehu “Gigi” Shibabaw
Zion Roots
Network / Harmonia Mundi
Gigi, apparue il y a deux ans dans la beauté luxuriante dun environnement
où se côtoyaient certains des plus grands noms du jazz américain
(Herbie Hancock, Wayne Shorter, Pharoah Sanders, etc.), revient masquée
derrière le collectif Abyssinia Infinite et une image dicône
éthiopienne. Produit et réalisé par Bill Laswell, sorcier
arty dun certain underground new-yorkais 1980-90, lalbum précédent
prenait des allures de corbeille de mariage destinée à lélue
de son cur. Les mélomanes de la planète en ont bien profité...
Toujours aux commandes de la coordination artistique du nouvel album de sa protégée
et compagne à la ville, Laswell se fait ici beaucoup plus discret. Débarrassé
de son masque de Pygmalion, cest avec une touchante humilité quil
sattache à laisser sépanouir linspiration authentique
de Gigi. Elle puise délibérément dans la tradition dune
Éthiopie urbaine, cultivée, dont lart musical unique sélabore
à travers les croisements subtiles de mélodies indoues et orientales,
stimulées par lincandescence rythmique africaine et la géométrie
moderne occidentale. Ce disque est truffé de portes dérobées,
donnant accès aux univers multiples de lart dAbyssinie. Avec
son chant imprégné de haute tradition, Gigi, rayonnante, sengage
avec assurance sur les traces dAster Aweke, la première à
offrir une voix internationale à la diaspora éthiopienne américaine,
son aînée et son modèle, dont elle prendra la succession,
le jour venu.
François Bensignor
[04/11/2003]
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