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[photographie] Amadou Gaye, le griot du béton
Avec sa gouaille inimitable et ses éclats de rire fracassants, Amadou Gaye, photographe, aime à se définir comme “Sénégalais de ventre, Parisien de coeur et Breton d’adoption”.

Ladolescent de dix-sept ans qui découvre la France a des
images plein la tête ; celles des salles dakaroises où son
grand-père était projectionniste. Et quelques idées
qui en découlent dont celle de faire du cinéma. Très
vite son goût irrépressible de la liberté, lattention
quil porte aux autres, sa sensibilité à la fois spontanée
et attentive aux phénomènes sociaux qui le concernent, vont
modifier son projet et son parcours. Il sera photographe. Une autre façon
de faire son cinéma.
La France des années qautre-vingt le passionne avec ces foules
de jeunes originaires de limmigration qui sortent de lanonymat
des banlieues pour manifester dans la rue leur présence et leurs
aspirations et pour occuper, de façon plus étonnante encore,
la scène médiatique (sur les ondes, les écrans, les
stades, sous les feux des projecteurs...).
Lalbum Génération métisse que préface
Yannick Noah, le propulsera à la une de lactualité
avec ses copains blacks-blancs-beurs qui sont décidés à
sortir du ghetto et du misérabilisme où lon enferme
trop souvent les immigrés et leurs descendants.
Mais Amadou
regarde ailleurs et voit plus loin (ou plus près). Il ne va pas
devenir le chantre, encore moins le comptable, du phénomène
dit « dintégration des populations dorigine étrangère
». Il aime aussi le Paris populaire des cafés, des trottoirs
de Belleville. Il aime les enfants, les femmes. Il ne va pas nous priver
de ses autres histoires damour. Ce seront Les fleurs de béton
ou Mix-cité, un nouveau regard sur les poulbots daujourdhui.
Paris la garce, un hommage affectueux aux passantes de la capitale.
Et pour ne pas être à court de surprises, une nouvelle attirance
vers les confins de lhexagone où les vagues atlantiques ont
des ressemblances.... Car Amadou Gaye reste un griot aux racines vagabondes.
André Videau
[23/12/2002]
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L'exposition Mix-Cité est visible :
• jusqu'au 12 janvier 2003 au Café Resto Les Buttes Chaumont, 38
avenue Simon Bolivar, 75019 Paris
• du 24 février au 1er mars 2003 lors des Escales Bellevilloises
à La Maroquinerie, 23 rue Boyer 75020 Paris
Avec la complicité de l'association Rayons de couleurs,
Amadou Gaye vient de publier un coffret-photos de Mix-Cité, qu'il
se fera un plaisir de vous dédicacer lors de ces expositions.
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