 [photographie] Aux frontières
Sangatte, autrement
Anabell Guerrero, Éditions Atlantica, 2005, 92 pages, 30 euros

Comment faire le portrait dun réfugié, celui qui
a perdu son nom et sa nationalité et qui na plus ni visage ni identité
? Comment faire une photographie didentité perdue ? Comment photographier
labsence didentité ?, sest interrogée
la photographe vénézuélienne Anabell Guerrero. En septembre
2002, elle a réalisé un travail sur le centre de Sangatte, récemment
publié aux éditions Atlantica sous le titre : Aux frontières.
Loin du reportage photographique classique, lartiste livre ici un autre
regard sur lexil. En gros plan, en couleur ou en noir et blanc, elle photographie
en multipliant les fragments Un bout de tente dit le provisoire. Un il
montre le désespoir. Un pied évoque le chemin parcouru. Des mains
interrogent un destin. Le tout, comme pour un puzzle, raconte une histoire.
Le travail de la photographe sarticule autour de deux axes, le corps et
lexil. En 1997, elle réalise une série sur des réfugiés
dans un centre de la région parisienne. En 2000, avec Totems, à
la frontière, elle sintéresse aux femmes de la communauté
indienne guajiros garantes de la mémoire de cette population qui vit
entre le Venezuela et la Colombie. Sa dernière recherche, Voix du
monde, date de 2005. Il sagit dun travail de collaboration avec
les habitants dEvry, où cohabitent près de 50 nationalités,
sur des trajectoires dexil. Par mes travaux, jessaie douvrir
des perspectives qui renouvellent mes propositions sur lexil, les réfugiés,
les immigrants, la vie des ces êtres entre deux mondes, à la frontière,
explique Anabell Guerrero.
Site Internet
d'Anabell Guerrero
Maya Larguet
[15/12/2005]
|