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 [femmes] Ni putes ni soumises
Ni putes ni soumises, Fadéla Amara avec
la collaboration de Sylvia Zappi, Ed. La Découverte, 2003
Après ses Etats généraux en janvier 2002, son appel,
son Livre blanc, sa Marche des femmes des quartiers pour légalité
et contre le ghetto en février et mars 2003, le mouvement Ni Putes Ni
Soumises a désormais son livre au titre éponyme sorti
quelques jours avant la tenue de son Université dautomne (3, 4
et 5 octobre à Dourdan dans lEssonne). Signé Fadéla
Amara, présidente du mouvement, (avec la collaboration de Sylvia Zappi,
journaliste au quotiden Le Monde), ce livre se présente à
la fois comme un témoignage personnel et comme un bilan analytique.
On y apprend où et comment Fadéla est née et a grandi :
dans une cité de transit (un bidonville recyclé) à Clermont-Ferrand
au sein dune famille de dix enfants, dont le père pratiquait une
nette discrimination entre filles et garçons. On y découvre le
choc qui déclenche lengagement de la jeune fille : la mort dun
petit frère écrasé par un chauffard ivre et lattitude
méprisante des agents de police. Puis adviennent les différentes
étapes qui la mènent de léloignement de lécole
à ladhésion à SOS Racisme dont elle est membre du
Conseil national à la fin des années quatre-vingt. Cette courte
partie autobiographique est émaillée de commentaires sur les Marches
des beurs de 1983 et 1984, sur léducation sexiste, sur le mouvement
féministe, lécole, etc. On y découvre, en somme,
une jeune fille appartenant à un milieu pauvre et immigré, qui
cherche à se frayer un chemin vers lautonomie et légalité.
Mais lessentiel du livre est ailleurs.
Fadéla Amara témoigne de la façon dont le mouvement quelle
préside est né, des origines profondes de lappel quelle
et ses compagnes ont lancé pour briser lomerta sur les violences
et le machisme dont elles sont lobjet. Elle décrit lenthousiasme
de la Marche et la satisfaction surprise davoir pu convaincre tant de
monde (30 000 personnes à Paris). Elle parle de la souffrance des filles
et de la mort de Sohane - morte brûlée vive par un jeune dune
cité du Val-de-Marne. Elle raconte avec honnêteté comment
son point de vue sur les féministes a évolué au cour des
rencontres. Elle avoue avoir découvert lexistence de la violence
machiste ailleurs que dans les quartiers pauvres. Elle rappelle les principales
propositions du mouvement soumises au gouvernement et aux élus, et affirme
refuser linstrumentalisation politique malgré une évidente
proximité avec SOS Racisme et le Parti socialiste : Les revendications
portées par le mouvement ont transcendé les classes sociales et
les clivages politiques, et je men réjouis dautant que le
choc dun certain 21 avril nous avait laissé un goût amer.
A de multiples reprises, lauteure pointe du doigt les responsabilités
des décideurs politiques et établit un parallèle entre
le désengagement de lÉtat dans les quartiers (notamment
par le net recul du service public) et la radicalisation du comportement
des garçons. Mais emportée par sa profession de foi
et cédant à la confusion entre témoignage et analyse, elle
névite pas certains écueils qui ne sont pas des moindres
: une trop grande ambition qui rend le propos singulièrement prétentieux,
une formulation globalisante et schématique qui induit incongruités
et incohérences, loubli injuste de celles et ceux qui nont
pas cessé de se battre sur le terrain et pour la même cause.
Chérifa Benabdessadok
[23/10/2003]
Voir aussi
:
Actualite Ni putes, ni soumises,
rencontre nationale. Du 3 au
5 octobre 2003 à Dourdan [01/10/2003]
Actualite Concert de soutien au
mouvement "Ni putes ni soumises" Vendredi
6 juin 2003 au Zénith (Paris) [22/05/2003]
Publication Les marcheuses ont
la parole [23/04/2003]
Portrait Loubna,
l'insoumission en marche [10/03/2003]
Initiative La
marche des femmes des quartiers pour l’égalité et contre les
ghettos [07/03/2003]
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