 [cinéma] La “marche des beurs” ?
Des jeunes comédiens dits “beurs” sur les écrans français
La “marche des beurs” ?
Vous vous attendez peut-être à une nouvelle commémoration
de la marche revendicative et protestataire des jeunes issus de limmigration,
principalement maghrébine (décembre 1983). Il ne sagit pas
de cela, mais dune note impressionniste, et positive, concernant la présence
des jeunes comédiens dits “beurs” sur les écrans français.
Un simple instantané sur lactualité cinématographique,
prouvant les multiples facettes du phénomène qui rendent caducs
les discours sur la sous-représentation des artistes et des rôles,
ou sur lapplication dune politique des quotas.
Par-delà le peloton de tête révélé ces dernières
années (Roschdy Zem, Samy Naceri, Sami Bouajila, Zindedine Soualem, Saïd
Taghmaoui
) et la figure emblématique et surmédiatisée
de Djamel Debbouze, on assiste à la montée en puissance de jeunes
talents “beurs”, incontestables et pas toujours identifiés
comme tels, ce qui a parfois a le mérite de renforcer leur potentiel dinterprétation.
Citons : Ouassini Embarek (Le soleil assassiné, À tout de suite),
Malik Zidi (Les temps qui changent), Jalil Lespert (Lennemi naturel), Nicolas
Cazalé (Le clan, Le grand voyage), Sélim Kéchiouche (Le clan,
Grande école), Jalil Nassiri (Viva Laldjérie), ou encore Atmen Khélif
qui pourrait être la révélation de lannée en
cours, ou Osman Elkharraz sil confirme ses débuts prometteurs dans
Lesquive, délicieux marivaudage en verlan dAbdellatif Kéchiche.
Certes, le bilan serait moins engageant du côté des interprètes
féminines où Nozha Khouadra, Amira Casar, Aure Atika, Lubna Azabal
sont un peu esseulées. Peut-être faut-il en chercher la cause du
côté de
la sociologie ? Même si là aussi “les temps changent”. Nous y reviendrons.
André Videau
[28/09/2006]
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